Adieu Biyouna : Les larmes de Jamel, le silence d’Omar et le deuil d’une nation orpheline de sa Reine

Il est des nouvelles qui figent le sang, des alertes sur nos écrans que l’on voudrait croire fausses, des cauchemars dont on espère se réveiller. Mais ce 25 novembre 2025 restera gravé dans le marbre froid de l’histoire culturelle comme le jour où le rire s’est brisé. Biyouna, la voix rauque de l’Algérie, la gouaille parisienne, la mère de tous les déracinés, nous a quittés. Ce n’est pas seulement une actrice qui s’éteint, c’est un phare qui cesse d’éclairer les deux rives de la Méditerranée, laissant la France et l’Algérie orphelines d’une même mère.
Un séisme émotionnel sans précédent
Dès l’annonce fatidique, une lourdeur particulière s’est abattue sur le paysage médiatique. Une atmosphère de fin de fête, comme lorsque la musique s’arrête trop brusquement et que les lumières crues se rallument, nous laissant éblouis et tristes. Biyouna n’était pas une simple célébrité lointaine, intouchable sur son piédestal. Elle était la famille. Elle était cette tante excentrique qui dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas, cette figure matriarcale qui, d’un simple regard, pouvait vous foudroyer ou vous absoudre.
Sa mort n’est pas ressentie comme la perte d’une star, mais comme un deuil intime, familial, qui frappe chaque foyer ayant un jour vibré au son de sa voix ou ri à ses répliques cultes. Les réseaux sociaux, habituellement arène de polémiques stériles, se sont transformés en un mur des lamentations numérique, un flot ininterrompu de cœurs brisés et de photos en noir et blanc, témoignant de l’impact viscéral de cette femme sur l’inconscient collectif.
Jamel Debbouze : La douleur d’un fils spirituel
Au milieu de ce concert de pleurs, une voix résonne avec une douleur particulièrement déchirante : celle de Jamel Debbouze. Pour l’enfant terrible de l’humour français, Biyouna n’était pas une collègue. Elle était une seconde mère, une reine indétrônable. Ceux qui connaissent Jamel savent à quel point la notion de clan est sacrée chez lui, et Biyouna trônait au centre de ce cercle de cœur.
La réaction de l’humoriste a été à la mesure de l’amour qu’il lui portait : foudroyante, brute, sans filtre. Lui, le maître de la répartie, s’est retrouvé à court de mots, nu face à la douleur. “Tu m’as appris à tenir tête à la vie en riant. Aujourd’hui, je ne ris pas, je pleure ma mama. Repose en paix ma reine.” Ces mots, d’une sobriété bouleversante, traduisent l’effondrement d’un monde. Biyouna était celle qui remettait Jamel à sa place avec bienveillance, cette autorité naturelle des mères maghrébines que l’on redoute et adore. En la perdant, Jamel perd un miroir, quelqu’un qui comprenait cette double culture sans avoir besoin de parler. Il est aujourd’hui orphelin de sa guide spirituelle, et son rire, d’ordinaire si communicatif, est désormais voilé par les larmes.
Le silence digne d’Omar Sy
Si la douleur de Jamel a été un cri, celle d’Omar Sy a été un silence. Un silence d’une dignité absolue, une pudeur qui en dit long sur le respect qu’il vouait à la grande dame. Pas de longs discours, pas de mise en scène. Juste une image de Biyouna rayonnante, accompagnée d’un cœur brisé.
Ce minimalisme est bouleversant. Il émane d’un homme qui sait que certains chagrins sont trop vastes pour être contenus dans des phrases. Pour Omar, la star internationale, Biyouna était une pionnière. Elle avait défriché le chemin, brisé les plafonds de verre bien avant le succès d’Intouchables. Son hommage muet est celui d’un petit frère reconnaissant envers celle qui a tenu la porte ouverte pour les générations suivantes, celle qui a imposé une liberté de ton et une présence scénique impossibles à apprendre dans les écoles de théâtre.
L’hommage rock et inattendu de la musique
Mais réduire Biyouna au cinéma serait oublier son âme véritable : la musique. Avant d’être la maman du grand écran, elle était une diva de cabaret, une chanteuse dont le timbre portait les stigmates d’une vie brûlée par les deux bouts. Le monde de la musique pleure sa rockeuse orientale. Car oui, Biyouna était rock, viscéralement.
Julien Doré, avec sa sensibilité à fleur de peau, l’avait compris dès 2011 en l’invitant sur son album. En apprenant sa disparition, il a évoqué une “reine punk”, une âme sœur musicale qui arrivait en studio cigarette au bec, imposant son rythme et sa magie. Elle avait le blues dans la voix et le soleil dans le cœur. De l’autre côté du spectre, Slimane, représentant de la nouvelle génération, est dévasté. Pour lui, Biyouna était la voix des sans-voix, celle qui chantait les peines d’amour et les espoirs de liberté des femmes dans les cuisines enfumées. Elle a prouvé que l’émotion d’une chanteuse algéroise pouvait faire pleurer un public parisien branché, abolissant les frontières mieux que n’importe quel discours politique.
Une icône politique malgré elle

Il est rare qu’une artiste populaire fasse à ce point l’unanimité au sommet de l’État. Pourtant, la disparition de Biyouna a pris une dimension nationale. Rachida Dati, Ministre de la Culture, a salué “une artiste de tous les courages, de toutes les libertés”. Des mots lourds de sens pour celle qui a vécu les années noires en Algérie, continuant à chanter quand d’autres se terraient.
Elle incarnait cette résistance par la joie. Samia Ghali à Marseille, l’Élysée à Paris… tous reconnaissent en elle un trait d’union vivant. Elle a fait entrer l’accent de Bab El Oued dans les salons parisiens, rendant universelles les histoires de son quartier. Biyouna faisait consensus dans une France divisée, car elle était “vraie”. On lui pardonnait ses excès et ses coups de gueule parce qu’ils étaient le reflet d’une sincérité totale. La République s’incline aujourd’hui devant cette femme qui n’a jamais cherché les honneurs mais a réussi l’exploit de réunir deux peuples qui s’aiment autant qu’ils se déchirent.
Un héritage immense et un vide béant
Alors que les fleurs s’amoncellent devant les théâtres, vient le temps de la réflexion. Que reste-t-il après les larmes ? Biyouna nous laisse un héritage immatériel colossal : une leçon de vie. Elle nous laisse son rire comme bouclier contre la morosité.
Mais elle laisse aussi un vide effrayant : celui de la liberté de parole. Biyouna était l’une des dernières “grandes gueules” au sens noble, dans une époque où tout est lissé, contrôlé, “cancellé”. Elle disait ce qu’elle pensait – politique, religion, sexe – avec une crudité jamais vulgaire car toujours sincère. Qui osera désormais prendre le micro avec autant de panache ?
Sa mort marque peut-être la fin d’une certaine insouciance. Pour ses enfants spirituels, Jamel, Leïla Bekhti, Camille Lellouche, l’héritage est lourd. Ils sont désormais les gardiens du temple, chargés de ne pas laisser s’éteindre cette flamme d’authenticité. Biyouna est partie rejoindre Warda et Oum Kalthoum pour un dernier concert céleste, nous laissant ici-bas avec nos souvenirs et une certitude : nous avons eu le privilège immense d’être ses contemporains. Adieu l’artiste, et merci pour ce vacarme joyeux qui résonnera encore longtemps dans nos cœurs.
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