EN DIRECT - Mort de Brigitte Bardot : «une légende du siècle», «une icône  française absolue», «ardente patriote»...Les hommages à la star mondiale se  multiplient

Ce dimanche 28 décembre 2025 restera gravé dans la mémoire collective comme le jour où la lumière de Saint-Tropez s’est voilée de noir. Brigitte Bardot, l’initiale double la plus célèbre du monde, celle qui fut tour à tour l’incarnation du désir, la muse de la Nouvelle Vague et la pasionaria de la cause animale, nous a quittés. La nouvelle, tombée en milieu de journée, a provoqué une onde de choc qui a instantanément dépassé les frontières de l’Hexagone, rappelant à quel point “BB” n’était pas seulement une actrice française, mais un mythe universel, une figure qui a traversé le XXe siècle avec une insolence et une grâce inégalées. C’est une page monumentale de notre culture qui se tourne, laissant un vide abyssal que ni les rediffusions de ses films ni les souvenirs de ses chansons ne pourront jamais tout à fait combler.

Dès l’annonce de sa disparition, les réactions ont afflué de toutes parts, témoignant de l’empreinte indélébile qu’elle a laissée sur plusieurs générations. Parmi les premiers hommages marquants, celui de Mireille Mathieu résonne avec une justesse particulière. La chanteuse, elle-même figure emblématique du patrimoine français, a salué la mémoire de Brigitte Bardot avec une émotion palpable, déclarant qu’elle a marqué de son empreinte l’histoire de France. Ces mots, simples mais puissants, résument parfaitement la trajectoire de celle qui a commencé comme mannequin pour devenir l’allégorie vivante de la liberté féminine. Mireille Mathieu, dont la carrière a souvent croisé les mêmes époques glorieuses que celle de Bardot, a exprimé la tristesse d’une nation entière, soulignant que Bardot n’était pas seulement une star, mais un symbole, une Marianne de chair et de sang qui avait su incarner la France dans ce qu’elle avait de plus audacieux et de plus contradictoire.

Il est impossible d’évoquer Brigitte Bardot sans revenir sur le séisme culturel qu’elle a provoqué. Née dans une famille bourgeoise du 16e arrondissement de Paris, rien ne la prédestinait à devenir cette bombe sexuelle qui allait faire trembler les fondations morales de la France d’après-guerre. C’est sa rencontre avec Roger Vadim qui mettra le feu aux poudres. En 1956, “Et Dieu… créa la femme” ne se contente pas de lancer une carrière ; le film invente une nouvelle femme. Pieds nus, cheveux lâchés, dansant avec une sensualité brute et naturelle, Bardot balaie les stars sophistiquées d’Hollywood. Elle n’est pas une femme fatale inaccessible, elle est la fille d’à côté, libre de son corps et de ses désirs, sans culpabilité. Elle devient instantanément le fantasme absolu et, paradoxalement, un modèle d’émancipation pour des millions de jeunes femmes qui étouffaient sous le corset des conventions sociales.

Mais Brigitte Bardot, c’était aussi une intelligence vive et une lucidité implacable sur son propre mythe. Alors qu’elle était au sommet de sa gloire, adulée par les hommes et enviée par les femmes, elle a pris en 1973 une décision qui reste unique dans l’histoire du cinéma : arrêter, tout arrêter. À 39 ans, elle tourne le dos aux caméras, aux paillettes et aux contrats mirobolants pour se consacrer à ce qui deviendra le combat de sa vie : les animaux. Ce virage radical, souvent incompris à l’époque, a prouvé la sincérité et la détermination de la femme derrière l’icône. Elle ne jouait pas la comédie quand elle dénonçait le massacre des bébés phoques sur la banquise, bravant le froid et l’hostilité pour alerter l’opinion mondiale. Elle a utilisé sa notoriété immense comme une arme, mettant son visage et son nom au service de ceux qui n’ont pas de voix. La Fondation Brigitte Bardot est devenue une référence mondiale, et si ses prises de position ont parfois suscité la polémique, personne n’a jamais pu remettre en cause son dévouement total à sa cause.

Aujourd’hui, alors que nous apprenons sa mort, c’est toute cette complexité qui nous revient en mémoire. On pense à la “Mépris” de Jean-Luc Godard, où elle sublimait chaque plan de sa présence magnétique, on pense à ses chansons avec Serge Gainsbourg, “Bonnie and Clyde” ou “Harley Davidson”, qui restent des hymnes pop indémodables. On pense aussi à sa retraite à La Madrague, cette propriété mythique de Saint-Tropez devenue son refuge, sa forteresse, où elle vivait entourée de ses animaux, loin du tumulte qu’elle avait elle-même déclenché. La Madrague, dont les murs doivent aujourd’hui résonner d’un silence lourd, est devenue un lieu de pèlerinage virtuel pour tous ceux qui l’aimaient. Les fleurs commencent déjà à s’amonceler devant les grilles, déposées par des voisins, des fans, ou simplement des passants conscients qu’une reine s’en est allée.

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L’hommage de Mireille Mathieu nous rappelle également que Brigitte Bardot était une figure profondément française. Elle a incarné Marianne, son visage a orné les bustes de nos mairies, et malgré ses critiques acerbes envers la société moderne et les politiques, elle restait viscéralement attachée à son pays. Elle était une rebelle, certes, parfois virulente, souvent excessive, mais c’est cette authenticité sans filtre qui fascinait. Dans un monde de plus en plus aseptisé, où la communication est millimétrée, la voix de Bardot, rauque et franche, détonnait. Elle disait ce qu’elle pensait, peu importe les conséquences, avec la même liberté qu’elle mettait à danser le mambo dans les années 50. C’est cette intégrité farouche que la France pleure aujourd’hui.

Le cinéma français perd sa plus grande étoile, mais l’héritage de Bardot dépasse largement le septième art. Elle a changé la façon dont on regarde les animaux, elle a changé la façon dont les femmes assument leur sexualité, elle a changé la mode, avec le vichy, les ballerines et la choucroute blonde qui restent indissociables de son image. Les jeunes générations, qui ne l’ont pas vue au cinéma, connaissent son nom, son visage, et son combat. Elle est devenue une marque, un concept, une esthétique qui continue d’inspirer les créateurs du monde entier. Sa mort n’est pas une fin, c’est l’entrée définitive dans la légende dorée, celle où le temps n’a plus de prise, où la vieillesse et la maladie s’effacent pour ne laisser que l’image de cette jeune fille blonde courant sur la plage de Pampelonne, riant aux éclats face à l’éternité.

Les chaînes de télévision bouleversent leurs programmes, les réseaux sociaux sont inondés de photos en noir et blanc, et partout, de Paris à New York, on se souvient. On se souvient de la “Bardotmania” qui a balayé la planète, faisant d’elle l’actrice la plus connue au monde, plus célèbre que de Gaulle selon certains. On se souvient de sa fragilité aussi, de ses tentatives de suicide, de sa difficulté à assumer ce statut de déesse vivante qui l’étouffait. C’est peut-être cela qui nous la rend si proche aujourd’hui : derrière la star planétaire, il y avait une femme qui cherchait simplement à être aimée, d’abord par les hommes, puis par les animaux, qui ne la trahissaient jamais.

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En ce jour de deuil, nos pensées vont évidemment à ses proches, à son mari Bernard d’Ormale qui l’a accompagnée jusqu’au bout, et à tous les membres de sa fondation qui perdent leur capitaine. Mais au-delà du cercle intime, c’est chaque Français qui ressent un petit pincement au cœur. Comme l’a si bien dit Mireille Mathieu, elle a marqué l’histoire. Elle ne s’est pas contentée de la traverser, elle l’a façonnée à son image : belle, sauvage, indomptable. Brigitte Bardot est morte, mais BB est immortelle. Son regard souligné de noir, sa moue boudeuse et sa voix traînante continueront de hanter notre imaginaire collectif. Alors que le soleil se couche sur la Méditerranée qu’elle aimait tant, nous lui disons merci. Merci pour la beauté, merci pour la colère, merci pour les combats. Adieu, Brigitte. Tu as enfin trouvé la paix que tu cherchais, loin des projecteurs, parmi les étoiles qui sont désormais tes seules compagnes.