
Le 11 février 2024 restera gravé dans l’histoire du football africain comme le jour d’une résurrection miraculeuse. Sous les acclamations du monde entier, la Côte d’Ivoire, pays hôte, soulevait la Coupe d’Afrique des Nations au terme d’un scénario invraisemblable. Les images de joie, de danse et de communion ont inondé les écrans. Pourtant, au milieu de cette euphorie nationale, un homme manquait à l’appel. Un homme qui, quelques jours plus tôt seulement, était encore le chef d’orchestre de cette sélection. Jean-Louis Gasset, limogé en plein tournoi, a regardé le triomphe des siens depuis l’ombre, seul face à son écran, seul face à l’ironie cruelle d’un destin qui lui a tout repris au moment où la gloire était à portée de main.
Comment un technicien expérimenté, réputé pour sa sagesse et sa science tactique, a-t-il pu être écarté aussi violemment ? Pourquoi l’équipe a-t-elle semblé se libérer et gagner uniquement après son départ ? Derrière cette exclusion spectaculaire se cache une histoire méconnue, faite de silences, de tensions internes et d’une obsession du contrôle qui a fini par se retourner contre lui.
Né à Montpellier en 1953, Jean-Louis Gasset a été façonné par l’exigence. Fils d’entraîneur, il a grandi avec l’idée que le football est une affaire de rigueur, où l’on ne négocie ni les horaires ni les efforts. Cette éducation stricte a forgé un homme sérieux, réservé, parfois austère. Joueur de devoir, milieu défensif “propre” mais sans génie, il a compris très tôt que sa force résidait dans sa tête. Devenu entraîneur à seulement 31 ans, il s’est révélé être un homme de l’ombre exceptionnel, le parfait complément tactique de Laurent Blanc, avec qui il a tout gagné : Ligue 1, Coupes, et une réputation de bâtisseur.
Mais l’ombre ne suffit pas toujours. À force de servir les autres, Gasset a voulu la lumière. Il a voulu prouver qu’il pouvait être le numéro un. Saint-Étienne, Bordeaux… des expériences mitigées où déjà, les premières fissures sont apparues. On lui reprochait un style de jeu parfois daté, une gestion autoritaire. Des conflits avec des joueurs créatifs comme Wahbi Khazri ou des tensions internes à Bordeaux ont émaillé son parcours de soliste. Pourtant, le véritable drame de sa carrière, celui qui allait le marquer au fer rouge, l’attendait en Afrique.
En 2022, à près de 70 ans, il accepte le défi fou de diriger les Éléphants de Côte d’Ivoire. Un pari risqué. Il hérite d’un groupe talentueux mais divisé, dans un pays où la pression populaire est volcanique. Fidèle à ses principes, Gasset impose une discipline de fer : téléphones éteints, horaires militaires, cadre hermétique. Il veut tout contrôler. Mais ce qu’il n’a pas vu, c’est que le football a changé. Les joueurs d’aujourd’hui, stars mondialisées, ne se plient plus aussi docilement à l’autorité verticale d’un technicien de l’ancienne école.

Les tensions n’ont pas tardé. Des cadres comme Seko Fofana se sont retrouvés sur le banc sans explication claire. Serge Aurier évoquait en coulisses une ambiance pesante. Le fossé se creusait. L’incident lors d’un match amical contre le Mali, où un joueur refuse de lui serrer la main, était un signe avant-coureur que personne n’a voulu voir. Gasset, droit dans ses bottes, pensait que la rigueur finirait par payer. Il s’est trompé.
Le cauchemar a pris forme dès le début de la CAN. Une victoire poussive, puis le naufrage. La défaite contre le Nigeria (0-1) a révélé une équipe absente, déconnectée de son coach. Mais l’humiliation suprême est survenue face à la Guinée équatoriale : un cinglant 4-0 à domicile. Dans le vestiaire, le lien était rompu. Gasset s’est senti trahi, lâché par des joueurs qui ne voulaient plus de ses méthodes. Le 22 janvier, le couperet tombe : il démissionne en plein tournoi. Un séisme. Jamais un sélectionneur du pays hôte n’avait subi un tel affront.
La suite est d’une cruauté rare. La Côte d’Ivoire, moribonde sous Gasset, est repêchée in extremis. Sous les ordres d’Emerse Faé, son ancien adjoint, l’équipe se métamorphose. Elle élimine le Sénégal, le Mali, la RDC, et finit par renverser le Nigeria en finale. Gasset assiste, impuissant, à ce miracle qui s’écrit sans lui. Pire, il s’écrit contre lui. Sur les réseaux sociaux, la sentence est terrible : “Gasset a quitté la pièce et la lumière s’est allumée”. Pas un mot des joueurs pour lui rendre hommage, pas un merci. Il est effacé de la photo, relégué au rang de note de bas de page.
Deux mois après ce traumatisme, Jean-Louis Gasset est sorti du silence dans une émission confidentielle. La voix marquée, il a livré une confession bouleversante qui sonne comme un adieu. “J’aurais peut-être dû dire non dès le départ”, a-t-il admis. Il a reconnu, avec une lucidité douloureuse, qu’il n’était plus à sa place. “Je viens d’un autre temps, un temps où l’on baissait la tête et on courait. Aujourd’hui, il faut convaincre, séduire. Ce n’est pas ma nature.”

Il a parlé de la douleur physique de voir son équipe gagner juste après son départ. “Ça vous brise”, a-t-il lâché. Il a raconté les nuits sans sommeil, le sentiment d’avoir été sacrifié pour créer l’électrochoc nécessaire. Il n’a pas cherché à accuser les joueurs, comprenant leur besoin de liberté, mais il a laissé transparaître la blessure d’un homme qui a cru bien faire et qui a été rejeté par l’époque.
Aujourd’hui, Jean-Louis Gasset vit reclus à Montpellier, loin du vacarme des stades. Son histoire est celle d’une tragédie moderne : celle d’un homme loyal, compétent, mais inadapté à un monde qui va trop vite pour lui. Il restera l’architecte invisible d’une victoire qui ne porte pas son nom, le sacrifié nécessaire d’un miracle ivoirien. Une fin de carrière en clair-obscur pour celui qui a passé sa vie à vouloir contrôler le jeu, et qui a fini par être balayé par lui.
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