L’année 2026 commence à peine, les confettis du réveillon sont encore éparpillés sur les trottoirs glacés de France, mais dans les couloirs feutrés de l’Élysée, l’ambiance n’est pas à la fête. Loin de là. Pour Emmanuel Macron, ce début de mois de janvier ressemble moins à une aube nouvelle qu’au crépuscule d’une influence. En l’espace de quelques jours seulement, le chef de l’État a essuyé une série de revers cinglants, une accumulation de désaveux publics et de menaces concrètes qui dessinent les contours d’une “annus horribilis”. Entre l’indifférence grandissante de la population, le rejet symbolique d’une icône nationale et la colère grondante du monde paysan, la présidence semble vaciller sur ses bases. Retour détaillé sur cette “catastrophe” politique en trois actes qui secoue le sommet de l’État dès les premières heures de l’année.

Le premier coup de semonce est venu des chiffres, froids et implacables. Le rituel des vœux présidentiels du 31 décembre, autrefois moment incontournable de la vie politique française, s’est transformé cette année en un véritable fiasco médiatique. Alors que le président s’adressait à la nation pour tracer les perspectives de 2026, la réponse des Français a été un silence assourdissant, matérialisé par une chute vertigineuse de l’audimat. Les résultats sont tombés comme un couperet : seulement 8,9 millions de téléspectateurs se sont réunis devant leur écran pour écouter l’allocution présidentielle.

Pour saisir l’ampleur du désastre, il faut comparer ce chiffre à celui de l’année précédente. C’est une perte sèche de 800 000 personnes en un an. Près d’un million de citoyens qui, par lassitude ou par colère, ont décidé de zapper, de couper le son, de tourner le dos à la parole officielle. En termes de parts de marché, le constat est encore plus cruel : cela signifie, en gros, que seuls 13 % des Français ont regardé Emmanuel Macron. Le corollaire est mathématique et politiquement dévastateur : 87 % de la population n’a accordé aucune importance à ce rendez-vous.

Les analystes et les observateurs ne manquent pas de souligner la vacuité perçue du discours. On parle de “banalités”, de “platitudes” égrenées sans conviction, des éléments de langage qui ne parviennent plus à imprimer la rétine ni à toucher le cœur d’un pays en crise. Ce désintérêt massif n’est pas anecdotique ; il est le symptôme d’une rupture de confiance profonde. Lorsque la parole d’un dirigeant ne suscite même plus la curiosité, c’est que l’autorité s’effrite. Ce “gros désaveu” inaugural place d’emblée l’année 2026 sous le signe de la solitude présidentielle.

Mais l’indifférence populaire n’était que le prélude à une humiliation plus symbolique et plus personnelle. Le deuxième acte de cette semaine noire s’est joué sur le terrain de la mémoire et de l’émotion nationale. La France s’apprête à faire ses adieux à l’une de ses plus grandes légendes, Brigitte Bardot, dont les obsèques sont prévues pour le 7 janvier prochain. Face à la disparition de cette figure mondiale du cinéma et de la cause animale, l’Élysée, respectant le protocole et la grandeur de l’artiste, a proposé à la famille l’organisation d’un hommage national. Une cérémonie grandiose, républicaine, présidée par le chef de l’État, comme la France sait les offrir à ses monstres sacrés.

La réponse de la famille a été sans appel : un refus poli mais ferme. L’hommage national a été décliné. Emmanuel Macron ne présidera pas de cérémonie aux Invalides ou ailleurs. Pire encore, il a été confirmé que le président de la République n’assistera même pas aux obsèques privées de l’actrice. Ce camouflet retentissant trouve sa source dans une inimitié notoire et ancienne. Brigitte Bardot, connue pour son franc-parler légendaire, détestait “cordialement” Emmanuel Macron. On se souvient de cette lettre incendiaire qu’elle lui avait adressée en 2023, fustigeant sa politique et son indifférence supposée à la souffrance animale.

En rejetant l’hommage national, le clan Bardot respecte la volonté de la défunte de ne pas servir de caution politique post-mortem à un homme qu’elle a combattu de son vivant. Pour Emmanuel Macron, l’image est terrible. Il se voit refuser l’accès au deuil national, tenu à l’écart de l’émotion collective. C’est un rappel brutal que le pouvoir politique ne peut pas tout récupérer, et que certaines figures, par leur aura et leur intégrité, restent hors de portée de la communication élyséenne. Comme le résume le sentiment populaire, cela en touche “une sans bouger l’autre” au sommet de l’État, peut-être, mais symboliquement, la blessure est réelle. Le président est exclu du roman national au moment où une page se tourne.

Cependant, si les audiences et les obsèques relèvent du symbole, le troisième acte de ce début d’année s’annonce, lui, beaucoup plus concret et potentiellement explosif. À l’horizon immédiat, une tempête sociale se profile, menée par un monde paysan à bout de nerfs. La cause de cette nouvelle flambée de violence ? La signature imminente du traité de libre-échange avec le Mercosur, perçue comme une trahison ultime par les agriculteurs français.

L’éleveur et figure médiatique de la contestation, Pierre Guillaume Mercadal, a lancé un avertissement qui glace le sang des services de renseignement. Dans une vidéo largement relayée, il a prévenu sans détour : “Ça va bientôt chauffer les amis”. La date est fixée : ce 6 janvier 2026 marque le début d’une opération d’envergure visant ni plus ni moins qu’à “faire le siège de Paris”.

Loin des manifestations traditionnelles encadrées par les syndicats majoritaires, cet appel à la mobilisation prône des méthodes radicales. Il ne s’agit plus de défiler sagement entre Bastille et Nation. L’objectif annoncé est de faire converger des tracteurs, des camions et des véhicules légers de toute la France vers la capitale. L’arrivée est prévue entre le 7 et le 8 janvier, selon les points de départ. La stratégie décrite par Mercadal s’apparente à une véritable guérilla logistique. “L’idée, c’est d’assiéger la couronne”, explique-t-il. Il s’agit de profiter de la polyvalence des tracteurs, capables de rouler sur les routes comme hors des sentiers battus, pour devenir insaisissables, “ingérables” pour les forces de l’ordre.

France : "2026 doit être une année utile" déclare Emmanuel Macron

Les mots choisis sont guerriers : “apparaître, disparaître, bloquer par endroits”. C’est la promesse d’un chaos organisé, d’une paralysie imprévisible des flux vitaux de la région parisienne. Les agriculteurs, qui se sentent condamnés par les importations massives que permettrait le Mercosur, semblent déterminés à jouer leur va-tout. Pour Emmanuel Macron, déjà affaibli par son impopularité record, cette menace de blocus est un cauchemar logistique et politique. Comment gérer une telle colère sans provoquer d’affrontements dramatiques ? Comment maintenir l’ordre face à des engins agricoles transformés en outils de siège ?

Ainsi, l’année 2026 s’ouvre sur un panorama sombre pour l’exécutif. En trois jours, trois piliers de l’autorité présidentielle ont été attaqués. Sa capacité à se faire entendre (l’échec des vœux), sa capacité à incarner l’unité nationale (le refus de l’hommage à Bardot) et sa capacité à maintenir l’ordre public et la paix sociale (la menace du siège de Paris). Si l’année 2025 avait déjà été rude, marquée par ce que certains appellent le “top 10 des humiliations”, 2026 promet d’être un défi de survie politique.

Le président se retrouve isolé, parlant à une France qui ne l’écoute plus, rejeté par les icônes culturelles et assiégé par ceux qui la nourrissent. La catastrophe annoncée n’est plus une hypothèse, elle est là, frappant à la porte de l’Élysée dès la première semaine de janvier. Reste à savoir comment le chef de l’État compte réagir face à cette convergence des rejets. Pour l’heure, le message envoyé par le pays est clair : l’état de grâce est un lointain souvenir, et l’état de siège commence.