đ Francofolies de Spa 2025 : Comment la venue explosive dâAmir, accusĂ© de soutenir Tsahal, provoque colĂšre, boycotts, et climat Ă©lectrique chez les artistes et le public đ
đ Francofolies de Spa 2025 : Comment la venue explosive dâAmir, accusĂ© de soutenir Tsahal, provoque colĂšre, boycotts, et climat Ă©lectrique chez les artistes et le public đ

Spa, Belgique â Ce qui devait ĂȘtre une fĂȘte musicale majeure sâest transformĂ© en vĂ©ritable champ de tensions. Le rideau Ă peine levĂ© sur les Francofolies de Spa, le lĂ©gendaire festival belge, que dĂ©jĂ , une polĂ©mique majeure fait vaciller lâĂ©vĂ©nement. En cause ? La prĂ©sence annoncĂ©e du chanteur franco-israĂ©lien Amir, prĂ©vue sur la scĂšne Proximus le 18 juillet 2025.
Ce nom, adorĂ© du grand public pour ses tubes comme Jâai cherchĂ©, ne fait pourtant pas lâunanimitĂ© chez ses pairs. Dix artistes prĂ©sents au festival ont signĂ© un communiquĂ© incendiaire, exprimant leur profond malaise face Ă sa participation.
« Nous sommes mal Ă lâaise », dĂ©noncent-ils, citant des faits rĂ©vĂ©lĂ©s par des associations militantes, notamment la prĂ©sence dâAmir lors dâune soirĂ©e de soutien aux soldats israĂ©liens de Tsahal, ainsi que son absence totale de critiques publiques envers la politique du gouvernement israĂ©lien.
Pour ces artistes engagĂ©s, la neutralitĂ© nâa plus sa place : « Nous ne pouvons ignorer que soutenir un gouvernement accusĂ© de crimes de guerre et fermer les yeux sur un gĂ©nocide en cours en Palestine revient Ă cautionner lâinacceptable », Ă©crivent-ils dans un message relayĂ© massivement sur les rĂ©seaux sociaux.
Mais câest la chanteuse franco-suisse Yoa qui a fait exploser la poudriĂšre. Elle a purement et simplement annulĂ© sa participation. Dans un post Instagram devenu viral, elle dĂ©clare :
« Mes convictions sociales, politiques et humanistes mâempĂȘchent de partager la scĂšne avec un artiste qui refuse de reconnaĂźtre le gĂ©nocide en Palestine. »
Un geste applaudi par de nombreux internautes, artistes et militants, mais qui divise également le public des Francos.
Les organisateurs dans la tourmente
Face à cette contestation, la direction des Francofolies a tenté de calmer le jeu⊠mais a surtout enflammé la polémique. Dans un communiqué, les organisateurs déclarent :
« Nous comprenons que certains souhaitent interpeller sur les engagements dâun artiste, mais nous nâavons aucune raison de dĂ©programmer Amir. Son spectacle reste un moment festif, sans message politique. »
Un choix assumé, qui agace davantage une partie des participants et du public. Sur les réseaux sociaux, les hashtags #BoycottFrancos et #NoAmir ont commencé à circuler, appelant au boycott pur et simple du festival.
Des pĂ©titions ont mĂȘme vu le jour, atteignant en quelques heures des milliers de signatures.
Un climat Ă©lectrique⊠avant mĂȘme les premiĂšres notes
Ce qui frappe, câest lâambiance tendue qui rĂšgne Ă Spa. Alors que les Ă©ditions prĂ©cĂ©dentes Ă©taient synonymes de lĂ©gĂšretĂ© et de communion autour de la musique, 2025 risque bien dâentrer dans lâhistoire pour ses fractures internes.
Plusieurs artistes, tout en maintenant leur venue, ont promis de faire entendre leurs voix sur scĂšne. Certains auraient prĂ©vu de porter des symboles pro-palestiniens ou dâexprimer leur soutien en plein concert.
Dâautres, Ă lâimage de Yoa, envisagent encore de se retirer, laissant planer un doute sur la programmation finale.
Amir, muet face Ă la tempĂȘte
De son cĂŽtĂ©, Amir nâa fait aucun commentaire officiel. Son management, contactĂ© par plusieurs mĂ©dias, se contente de rappeler que « lâartiste est ici pour partager sa musique et non pour parler politique ».
Une stratĂ©gie du silence qui suscite, lĂ encore, critiques et interrogations. Pour certains, son refus de clarifier ses positions ne fait quâattiser la colĂšre.
Quand la musique devient politique
Lâaffaire Amir aux Francofolies de Spa relance un vieux dĂ©bat : lâartiste doit-il rester apolitique ? Peut-on sĂ©parer lâhomme de la scĂšne et ses convictions personnelles ?
Dans un contexte international marquĂ© par la guerre Ă Gaza, lâĂ©motion est Ă son comble. Les artistes engagĂ©s estiment quâil est impossible dâignorer ce qui se passe et refusent de faire « comme si de rien nâĂ©tait ».

Ă lâinverse, certains festivaliers rappellent que les Francos restent un lieu de musique avant tout et redoutent une rĂ©cupĂ©ration politique dâun espace dĂ©diĂ© Ă la fĂȘte.
Le spectre dâun festival sous tension
Le festival, prĂ©vu pour se clĂŽturer le 20 juillet, risque donc de naviguer Ă vue entre concerts, manifestations discrĂštes et peut-ĂȘtre mĂȘme incidents.
Les forces de lâordre belges ont dâailleurs annoncĂ© un dispositif renforcĂ© pour assurer la sĂ©curitĂ© des festivaliers, anticipant dâĂ©ventuelles tensions.
Quoi quâil arrive, cette Ă©dition 2025 restera gravĂ©e dans les mĂ©moires⊠et peut-ĂȘtre pas pour les bonnes raisons.
Un festival de musique transformé, malgré lui, en tribune politique ?
Les prochains jours le diront. Mais déjà , la magie des Francofolies semble compromise par cette onde de choc inattendue.